La bénédiction

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Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés : toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation. Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures. Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. C'est pourquoi, rejetant toute souillure et tout débordement de méchanceté, recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes.» (Jacques 1:16-21)


Dieu seul bénit

Pourquoi Jacques introduit-il le passage que nous venons de citer par les mots «Ne vous y trompez-pas» (v. 16) ?

Dans les versets 13-15, il vient de parler du mal et de la tentation, en affirmant que Dieu ne peut être tenté par le mal, et qu'il ne tente lui-même personne. La tentation vient de notre nature corrompue. Satan le sait, et il tente d'exploiter à ses fins ce canal et ce terrain qui lui sont propices tant que le chrétien ne vit pas sa position de crucifié avec Christ.


Prenez garde ! dit l'apôtre. Ne vous y trompez pas ! Ne vous égarez pas ! Quand vous êtes tentés, la faute n'en revient pas à Dieu, mais à vous. Ne rejetez pas la responsabilité de vos chutes sur votre Dieu. Il veut votre bien. Son intention est essentiellement bonne et il possède seul la capacité de bénir. Tournez-vous vers lui dans la foi : vous ne serez pas déçus. «Toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation.» (v. 17) La source des difficultés et des maux vient du péché et de Satan. Il faut une bonne fois choisir entre le bien et le mal, la bénédiction et la malédiction, la vie et la mort ! «Choisis la vie, afin que tu vives...» disait Dieu par Moïse (Deutéronome 30:19).


Dans l'histoire des individus, des familles, des nations, l'orgueil, l'incrédulité, la négligence et l'indolence ont transformé des occasions de bénédiction en malédiction. L'épreuve, qui aurait pu devenir le moyen de progresser dans la foi et la sainteté, s'est muée pour beaucoup en occasion de murmurer et de rétrograder ! Pour n'avoir pas compris que les pièges et les obstacles rencontrés sur notre chemin étaient l'apprentissage du combat et l'école de la victoire, nous y avons plus d'une fois succombée, alors que dans la foi et l'obéissance nous aurions pu éviter les premiers et surmonter les seconds !


L'histoire se répète indéfiniment mais non fatalement. Si la tentation éprouve tous les hommes, il n'est pas dit qu'elle doit nécessairement les vaincre (1 Corinthiens 10:13) !

Dès l'origine, Dieu, le Père des lumières, a béni ses créatures (Genèse 1:27-28). A peine l'avait-il fait qu'une force ennemie, une puissance de ténèbres, l'adversaire, s'interposa et vainquit l'homme par le doute, le mensonge, l'orgueil, la promesse d'autonomie (Genèse 3:1-6). Si le premier couple était resté dans la lumière, il serait resté en Dieu, car «Dieu est lumière, et il n'y a point en lui de ténèbres» (1 Jean 1:5).

Venir à la lumière et laisser cette lumière pénétrer en nous, c'est accéder à la bénédiction. Saul de Tarse en fit l'expérience sur le chemin de Damas (Actes 26:13; Galates 1:16 ; 2 Corinthiens 4:6).

Marcher dans la lumière, c'est rester sous la bénédiction du Dieu qui ne change pas et dont la grâce est aussi immuable que lui-même, le Dieu d'éternité (Malachie 3:6; Jean 8:12; 1 Jean 1:7).


Dans un monde ébranlé, où le serpent ancien pousse à l'autonomie les descendants d'Adam et d'Eve, en leur soufflant à l'oreille : «Vous serez comme des dieux...» (Genèse 3:5), nous qui recevons un royaume inébranlable, «montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte» (Hébreux 12: 25-29). Ce Dieu saint et redoutable ébranlera la terre. Avant que n'arrive ce moment terrible, exhortons les hommes à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain, car c'est encore maintenant le temps favorable, c'est maintenant le jour du salut (2 Corinthiens 6:1-2).


2. Dieu bénit parfaitement

Non seulement Dieu bénit mais encore bénit-il parfaitement, alors que les œuvres des hommes sont entachées d'imperfection. La traduction française de Jacques 1:17 ne fait pas apparaître une importante nuance du grec. Le mot traduit par «grâce» dans la version Segond se réfère à la façon de donner et le mot rendu par «don» désigne la chose donnée.


Les mobiles, la manière et la finalité sont parfaits, limpides, généreux quand Dieu donne. Il ne donne pas comme le monde donne (Jean 14:27) !

Le monde offre certains avantages mais ses mobiles ne sont pas purs. Il y entre des calculs inavoués. La manière de donner s'assortit souvent de conditions qui lient la conscience et aliènent la liberté de celui qui accepte le marché. La chose donnée passe, elle n'a pas de valeur intrinsèque, absolue. Elle peut servir d'appât, de trompe-l'œil, de piège. Au bout du compte elle périt, comme toutes les choses visibles (1 Jean 2:15-17).


Dans la Bible n'existe pas de meilleure illustration du contraste entre la parfaite bénédiction de Dieu et les avantages trompeurs du monde que le récit de Genèse 14:17-24. L'on y voit Abram béni de la parfaite bénédiction du Dieu Très-Haut et refusant la transaction du roi de Sodome : «Donne-moi les personnes, et prends pour toi les richesses.» (v. 21) Si Dieu n'avait pas été tout pour Abram, comment aurait-il affronté l'offre matérielle alléchante du roi de Sodome ? Il savait, des siècles avant la rédaction des Proverbes, que c'est la bénédiction de l'Eternel qui enrichit et que Dieu ne la fait suivre d'aucun chagrin (Proverbes 10:22 ; Psaume 4:8 ; Luc 12:16-21).


Tout ce que Dieu donne est parfait : mentionnons d'abord sa grâce en tant que faveur gratuite, imméritée, qui sauve le pécheur repentant moyennant la foi. Longtemps avant la croix, le prophète a exalté la grâce de Dieu (Esaïe 55:1-3). En Jésus-Christ «la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée» (Tite 2:11). C'est un fleuve où tous les assoiffés d'amour peuvent puiser avec la certitude d'étancher parfaitement leur soif.


Le mot «grâce» peut être synonyme de don, de faveur définie venant de Dieu, de bienfait. Reconnaissons-nous tous les bienfaits de Dieu qui sont autant de bénédictions accompagnant la grâce qui a sauvé notre âme de la mort éternelle ? Cela va des dons nécessaires à l'accomplissement de la vie et du service chrétiens, aux largesses matérielles de Dieu, à ce qu'il a institué et donné pour réjouir l'homme dans sa condition humaine (1 Timothée 4:3-5).

Notre Dieu est riche. Il ne bénit pas chichement. Il donne libéralement à ceux qui s'attendent à lui dans la foi.


Dieu bénit ceux qui lui appartiennent

La bénédiction n'est pas une loterie. Les destinataires des faveurs de Dieu sont ceux qu'il a engendrés selon sa volonté par la Parole de vérité (v. 18). Les premiers chrétiens, contemporains de Jacques, frère du Seigneur, étaient «les prémices des créatures de Dieu», de toute la moisson d'hommes et de femmes qui naîtraient d'en haut au cours des siècles jusqu'à la consommation du jour de la grâce.

… Contemplons maintenant le Père des lumières, le Père de gloire, le Père des miséricordes engendrant par sa Parole, semence incorruptible, des nouvelles créatures (Jean 1:12-13; 3: 5-8; 1 Pierre 1:22-25; 2 Corinthiens 5: 17). Dieu est amour. Il nous a aimés le premier. L'initiative est venue de lui de faire «renaître» spirituellement des pécheurs coupables et incapables (1 Jean 4: 9-10, 19; Romains 5: 6-8).


Les parents donnent leur amour et dispensent leurs soins aux enfants qu'ils ont engendrés. Comment ne pas aimer ce qui est né de nous ? Dieu, le Père céleste, veut bénir, combler et garder ceux qui sont devenus ses enfants par la foi en Jésus-Christ, ceux qu'il a engendrés par la Parole de vérité (Ephésiens 1:13; 1 Pierre 1:3-5; 1 Jean 5:1 ; Jude 1-2).

Il est impensable et impossible que Dieu oublie ceux qu'il a sauvés à un si grand prix, ceux qui sont nés de lui. «Si on disait: L'Eternel m'abandonne, le Seigneur m'oublie ! Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, moi je ne t'oublierai point.» (Esaïe 49:14-15; Esaïe 54:10 ; Romains 8:32-39)

Quelqu'un des lecteurs douterait-il de cet amour impérissable ? L'apôtre Jacques dit : «Sachez-le, mes frères bien-aimés...» (v. 19) C'est vrai, c'est certain, c'est ainsi. La bénédiction vient sur ceux que le Père a engendrés. Elle vient quand on écoute Dieu, quand on accepte de se taire, quand on reconnaît que nos efforts naturels, notre impatience n'apportent pas de solution. «Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu.» (v.19-20; Job 38-2; 39:34-38; 42:1-6)
Nous sommes sauvés pour avoir écouté Dieu (Esaïe 55 : 3; Jean 5:24).


Nous serons bénis, gardés, comblés, en l'écoutant encore et toujours. «Recevez avec douceur la Parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes.» (v. 21) Cette Parole, qui s'est révélée capable de sauver nos âmes quand nous avons cru pour la première fois, que ne peut-elle faire en nous si nous continuons à la recevoir avec douceur et la mettons en pratique ? Elle nous lavera des souillures intérieures et elle nous donnera la force de contenir les manifestations du cœur naturel, méchant et malicieux. Nous serons comme une coupe remplie à déborder de la grâce surabondante de Dieu (Psaume 23:5) !

«Ainsi parle l'Eternel, ton Rédempteur, le Saint d'Israël: Moi, l'Eternel, ton Dieu, je t'instruis pour ton bien, je te conduis dans la voie que tu dois suivre. Oh ! si tu étais attentif à mes commandements ! Ton bien-être serait comme un fleuve, et ton bonheur comme les flots de la mer...» (Esaïe 48:17-18)

Sachons prendre la bonne attitude devant notre Dieu, notre Père «qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Ephésiens 1:3). Il est prêt à ouvrir sur nous les écluses des cieux et à répandre la bénédiction en abondance.   Jean-Jacques Dubois  http://www.bible-ouverte   


Bénissez, c'est votre appel

« Ne rendez pas mal pour mal, ni injure pour injure ; bénissez au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter aussi la bénédiction » 1 Pierre 3 : 9


Relevons au passage que cette lettre s'adressait à des chrétiens qui vivaient des temps difficiles. C'est pourquoi cette exhortation me rappelle étrangement  ce que Jésus disait dans le sermon sur la montagne : « Bénissez vos ennemis, aimez-les ! »

Cela signifie que notre bénédiction ne s'adresse pas uniquement à ceux que nous aimons (ou tolérons), mais aussi et peut-être surtout à ceux que nous n'aimons pas ou qui nous font souffrir : tel collègue de travail insupportable, tel prof qui se fait plaisir à me faire échouer, tel camarade moqueur, tel épouse toujours acariâtre, tel mari si peu prévenant… et j'en passe ! Ce sont eux que nous devons bénir et ce n'est pas facultatif : « c'est ce à quoi nous sommes appelés… »

C'est notre vocation. Souvent nous nous demandons : quel est notre ministère ? Je vois dans le fait de bénir le ministère de tout chrétien 'il n'est pas nécessaire d'avoir fait de hautes études…)


Mais en fait pourquoi bénir ?

Parce que, lorsque nous bénissons, il y a une libération qui s'opère dans les lieux célestes. Ce que Dieu a en réserve pour la personne bénie devient efficace. C'est comme si la bénédiction faisait un trou dans la masse des malédictions qui repose sur nos têtes et permettait à Dieu d'agir. Lorsque je dis «malédiction», je ne parle pas des sortilèges de toutes sortes, mais de toutes les paroles négatives, les jugements, les critiques qui ont été dits et qui nous retiennent comme prisonnier. Ainsi en bénissant, nous opérons un acte de libération.


La bénédiction est une arme redoutable, car c'est une parole d'amour et de restauration qui vient directement de Dieu sur la personne que nous bénissons, et cette parole est irrévocable.

D'autre part, lorsque nous bénissons, notre regard sur l'autre change. Nous recevons les yeux de Dieu et nous le voyons tel que Dieu le voit, c'est à dire avec en lui le ferment de la résurrection.


Enfin, s'il est vrai que celui qui maudit se maudit lui-même, la réciprocité doit aussi être vrai ; quand nous bénissons, nous sommes aussi bénis ! Dieu aime la bénédiction.

Soyez bénis !         

                    Le lien de prière - N° 174 - juillet 1990